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Voila, je quitte ce matin Bratislava et la Slovaquie. Direction Budapest, Hongrie. Quelques nouvelles du front...
Bienvenue a Raphael
Depuis hier matin, me voila grand oncle mais je n`en veux pas a ma cousine et son mari de me donner un petit coup de vieux. Felicitations encore ! Non Eric (le Breton, pas le papa), il n`est pas ne dans une caravane : mon frere et moi avons pose la meme question apparemment !
Un petit pays
La Slovaquie est un <petit grand pays>, comme le dit un slogan touristiique. Une facon de dire que oui, c`est un petit pays mais bon, quand meme, venez, y a des choses a voir. Sans doute, mais pour un Francais, ca manque un peu de variete je pense. Sauf que je n`ai vu que Bratislava, Trencin et les paysages entre les deux. Il y a des montagnes au nord, des plaines. J`ai apercu ca. La Slovaquie est, en tout cas, pleine de chateaux medievaux. De belles ruines parfois, comme j`en ai vu en photo ou dans le bus. Elles etaient un peu loin et comme je voulais aller assez vite a Budapest... Bratislava compte des ponts interessants et assez nouveaux, sur le Danube. Le centre-ville est charmant, avec des statues rigolotes.
Le communisme ? Connais plus
A part les barres d`immeubles aux abords du centre, mais qui ne sont pas propres au communisme, on ne trouve plus rien de cette epoque a Bratislava. J`ai demande hier a l`office de tourisme. <Des traces de l`epoque communiste ?>, m`a repete la fille, un peu heberluee, se demandant sans doute quel interet cela peut avoir. D`ailleurs, on ne lui pose surement jamais la question. <... Non, je ne vois pas... Mais vous savez, ca fait longtemps maintenant !> Ah oui ? Et tout ce qu`on voit dans la ville a moins de 20 ans ? Elle, eventuellement... <Ah si ! Il y a le cimetiere russe, je vais vous montrer ou c`est>. C`est assez pres de la gare, j`irai jeter un oeil en partant, ce matin.
Italiano
Avant hier soir, j`etais a Trencin. Ville de 50.000 habitants. Un vieux chateau qui la surplombe. Je posterai deux ou trois photos. Sports nature si on veut. Sinon, pas grand-chose. Le soir, j`ai dine dans un petit resto. J`ai mange la specialite slovaque : le bryndzove halusky. Des especes de gnocchi, aux lardons avec une sauce au bleu. C`est bon. <Buono appetito>, m`a dit la jolie serveuse, typee plutot italienne, mais slovaque. Anto, tu vois, des fois, on me prend pour un Italien !
Musees choquants
Qui dit medieval dit, entre autres, torture. J`ai vu a Prague et en Slovaquie des musees de la torture. Enfin, je n`y suis pas entre mais on voyait en vitrine quelques photos de stratagemes qui ne devaient pas etre agreables ! Autre musee, celui des sex machines, a Prague. En passant devant, j`ai vu une femme porter la main a sa bouche en faisant . <Oh !> ca m`a fait penser a cette photo de Doisneau, le nu dans la vitrine. J`ai cherche, c`etait chez l`antiquaire Romi a Paris. Ils avaient pose un nu de Wagner en vitrine et on voit une serie de photos avec la mine des gens qui passent devant. Je suis reste un peu, cette fois avec l`appareil photo pret a saisir le bref instant. Rien... Des gens qui souriaient, simplement. Et puis il aurait fallu que je m`installe a l`interieur du musee pour voir la plupart des visages.
Argentine, Republique tcheque, Slovaquie, France Gall
On a commence en chanson, on va finir de la meme facon. Avant-hier, a Trencin, passant devant une maison, j`ai entendu <Elle elle l`a>, de France Gall ! Deja a Prague il y a deux semaines. Et j`avais entendu cette chanson a la radio a Mendoza, en Argentine, il y a pres de deux ans. Revenant d`une visite d`un vignoble. Eh oui, parfois, on a de surprises, comme ca... Et si tu l`as, tu l`as ?...
La flemme de nettoyer vos chaussures crottées, en Nouvelle-Zélande ou en Australie ? Si vous devez prendre l'avion, facile !!! Il suffit de répondre "yes" (ça veut dire quelque chose comme... "oui") à la question : "Avez-vous des chaussures sales dans vos bagages ?" Ils vous les lavent direct, paraît-il !
Impossible de passer d'un pays à l'autre avec des chaussures sales ou même des fruits, des légumes, etc. C'est aussi le cas (enfin, c'est interdit mais pas impossible) entre deux Etats au sein même de l'Australie, mais aussi en Argentine. Une façon de protéger les éco-systèmes. Ainsi, en sortant d'Argentine pour entrer au Chili, il y a un an et demi, Gwen, mon compagnon de voyage d'alors, et moi avons dû laisser à un douanier chilien les deux pommes qui nous restaient. Pas sûr du tout qu'il les ai jetées !
18 h 25. Il était grand temps de m'installer au comptoir de ce fish&chips pour diner ! Puis de descendre une bière au pub, en face. Les Anglais, parait-il, les préfèrent sans mousse et les Hollandais avec deux doigts de mousse. On en apprend, des trucs, en voyage ! Bon, aurais-je manqué, à 17 h, la tasse de thé ?
Je ne suis pas en Grande-Bretagne mais, par bien des aspects, c'est tout comme. Ce n'est pas pour rien que l'Union Jack, le drapeau britannique, orne le coin en haut à gauche du drapeau néo-zélandais (comme celui de l'Australie, seules les étoiles sont différentes) ni qu'Elisabeth II est la reine de ce pays.
Tout le monde parle anglais. Les gens ont des goûts très sucrés, avec par exemple des chocolats fourrés à la menthe (et pas forcément après huit). Des chauffeurs de bus (notamment) se trimbalent avec des shorts et de grandes chaussettes en laine, façon scottish. Certains paysages (hum... un peu grasses, ces frites !) font penser à l'Irlande ou à l'Ecosse : de vertes collines (comme en Afrique, dirait Hemingway), la mer jamais très loin, la pluie assez souvent. Beaucoup de moutons aussi. Près de 50 millions pour 4,2 millions d'habitants ! Quelque chose comme 12 fois plus. Pire que les cochons dans les Cotes-d'Armor ! J'ai oublié la proportion (manquent un peu de sel...).
Un demi et un vent bien frais
Malgré que c'est l'été, malgré le beau soleil qui illumine la baie, le vent est bien frais ici à Kaikoura, sur la cote est de l'ile sud. Ce n'est pas comme cela tous les jours, apparemment. Cela dit, il reste un poil de neige (bon, pas mauvais le poisson), de neige disais-je, sur les sommets alentour. Et le rivage de l'océan est presque vert pomme par moments, alors que le sable, juste en dessous, est quasi-noir ! Il faudra m'expliquer.
C'est la première fois, lors de ce voyage, que je visite un pays anglo-saxon, mais plus j'avancerai, plus cela ressemblera au sud de la Patagonie. Les dernières vidéos en attestent... Dans le car en provenance de Picton, ce matin, j'ai déjà vu (bien après les salines roses comme en Camargue) des dizaines de phoques affalés sur des rochers, à se dorer la pillule.
La Patagonie, de plus en plus
La montagne, donc, puis les glaciers la semaine prochaine, sur la cote ouest. L'arrivée a Picton, hier, en provenance de la capitale Wellington, faisait certes penser aux fjords des pays du nord de l'Europe. Mais il doit y avoir un peu la mème chose au sud du Chili.
Reste la touche locale. Des inscriptions : "Go all blacks" sur des murs, sur la route aujourd'hui, en l'honneur du meilleur XV du monde, qui a pourtant gagné seulement la première coupe du monde de rugby, en 1987 (en battant la France en finale). Une paye. On voit des Maoris aussi, ces indigènes à la peau couleur café. Certains ont des tatouages particuliers. Une minorité parmi tous ces blancs. Car nos sommes bel et bien en terre anglo-saxonne. On roule à gauche, tout est propret. Et on parle anglais (avec un accent pas toujours facile). Bon, dernière frite et ça ira pour ce soir...
Voilà, c'est mon dernier jour en Amérique du Sud (l'île de Pâques appartient au Chili mais pour moi, ça fait plus partie du Pacifique comme la suite de mon voyage). Une grande page de mon périple se tourne. Pas loin de quatre mois.
L'Equateur est un Pérou avec le Machu Picchu en moins et les Galapagos en plus, Bon, c'est très résumé mais c'est un peu cela. Un petit pays vert, montagneux pour une bonne part, avec quelques volcans. Mieux vaut commencer par celui-là avant le Pérou, si l'on veut visiter les deux.
Le Pérou, plus grand, plus varié, plus riche en histoire, propose des montagnes enneigées, des vestiges de plusieurs civilisations (il n'y a pas que les Incas !) et le lac Titicaca, que j'avais vu il y a trois ans. Excellent, dépaysant. La vraie Amérique du sud.
La Bolivie, je ne l'ai pas vue cette année. Outre le Titicaca, haut, immense et bleu, il y a La Paz, grouillante, pauvre, aux alentours de 4.000 m. Et au sud, l'immense désert de sel d'Uyuni, les lagunes rose, verte, les flamants roses, le ciel si pur, le désert, les volcans aux sommets enneigés. Les plus beaux paysages que j'ai pu voir, à ce jour et à mon goût. Un pays où la vie ne coûte rien, un peu instable désormais.
Le Chili est un peu l'Allemagne de l'Amérique du sud. Le pays le mieux organisé, avec de belles routes (c'est ainsi qu'on sent de suite la différence en venant du Pérou ou de la Bolivie). Un pays riche grâce au cuivre, au vin et aux fruits exportés. Des paysages très variés en ce pays tout en longueur, sur plus de 4.000 km. Le nord ressemble comme deux gouttes d'eau au sud de la Bolivie (mais les lacs sont bleus !) tandis que la Patagonie est plus fraîche, avec des montagnes enneigées et une nature verdoyante. La Suisse avec des guanacos (sortes de lamas) et des condors.
L'Argentine est presque la même que le Chili à l'ouest, du nord au sud. Il y a en plus la pampa, immense plaine sur une bonne partie de ce grand pays. Qui fait aussi pas mal européen, notamment Buenos Aires. Le nord-ouest est exceptionnel avec ses paysages de far west, superbes et variés aussi. Il y a des traditions intéressantes également. Et les chutes d'Iguazu au nord-est, communes avec le Brésil voire le Paraguay.
Le Brésil est beaucoup plus vert. La végétation est souvent dense, même en dehors de la jungle. Les villes coloniales sont belles, anciennes. Le pays est cool (on joue de la musique et on danse à droite, à gauche) mais il peut être assez dangereux. Cela dit, il était censé être le plus dangereux sur mon parcours et je n'ai eu aucun problème. En faisant attention... Pourvu que la suite se passe aussi bien.
Voilà, ces jours-ci, j'ai fait un petit flash-back sur mes photos. J'en ai vu, des choses ! Un peu triste de quitter ce continent mais déjà impatient pour la suite... A bientôt. Il se peut qu'à l'île de Pâques et Tahiti, je me connecte moins, par nécessité ou par choix. Mais les messages restent évidemment les bienvenus et ils seront lus !
On dirait la traîne d`une mariée. Les chutes d'Iguazu sont les plus larges au monde (un bon kilomètre de sentier à parcourir côté brésilien et six côté argentin !) et les deuxièmes plus hautes après celles de Victoria, sur le Zambèze en Afrique. Elles mesurent plus de soixante mètres de haut, là où se joignent le Brésil, l`Argentine et, à quelques kilomètres, le Paraguay. Le Paraguay dispose d'un gros barrage mais l'endroit ne doit pas être extrèmement intéressant. Nous n`y sommes pas allés.
Nous avons commencé par le côté argentin pour profiter du beau temps sur la rive la plus grande. Cela dit, le lendemain, côté brésilien, il faisait aussi beau et le spectacle, qui s'étale donc sur une plus courte distance, était du même tonneau. Nous n'avons fait ni rafting, ni survol en hélico. Ce survol se fait uniquement à partir du Brésil. D'ailleurs, les Argentins réclament la suppression de ces engins qui font du bruit, font peur aux oiseaux qui s'envolent, du coup, un peu trop.
Fracas dans la forêt luxuriante
L'eau tombe avec fracas du haut de ces plateaux post-amazoniens, au milieu d'une forêt luxuriante, quasiment la jungle. La flore est variée. Des espèces d'iguanes traversent les sentiers. Des passerelles ont été installées par endroits pour éviter aux touristes les morsures de serpents. En revanche, pas trace d'un moustique pendant ces trois jours sur place !
Le décor paraît être celui d'une publicité pour un gel douche. Des gens se baignent dans la large rivière au pied des chutes, enfin un peu plus loin. Des bateaux emmènent des gens se prendre, d'ailleurs, une bonne douche rafraîchissante dans l'écume volante (je ne trouve pas le mot).
Rafraîchissantes
Côté brésilien, au bout du sentier, une passerelle se trouve sur une espèce de plateau, entre deux cascades : une au-dessus, une en dessous. Et là, on ressort trempé à cause de cette même écume. Et rafraîchi.
Le parc des oiseaux, côté brésilien aussi, propose quantité de toucans, mais aussi d`ibis rouges, des flamands roses, quelques serpents (en cage), des paons, des tortues aux pieds rouges, des alligators, des papillons multicolores, des colibris et surtout des perroquets aux couleurs vives et aux cris stridents. Et meme un bel oiseau blanc, qui porte derriere lui comme la traine d`une mariee.
Buenos Aires ? Tout d`abord, quand on a passe des semaines dans de vastes paysages et des villes moyennes, on est content de se retrouver pour quelques jours dans une grande capitale. Et celle-la fait beaucoup penser a celles d`Europe, n`etait la Boca.
Ce quartier populaire et mal fame renferme un quartier decore de toutes les couleurs, depuis qu`un peintre connu s`est installe la il y a 80 ans, je crois, et a propose aux enfants de peindre leurs maisons. Comme ils avaient tous des pots de couleurs differentes, le resultat etait etonnant. La tradition s`est maintenue et les touristes affluent, desormais. Le stade de Boca Juniors est tout pres. Les matches y sont tres chauds, avec des supporters parmi les plus hysteriques au monde, dit-on.
Comme une ville d`Europe
Ensuite, avoir un contact sur place change la vision que vous avez d`une telle ville. Comme Jorge l`an dernier (et sans doute a la fin de ce mois) a Santiago, Georgina m`a fait decouvrir des endroits de sa ville qui ne sont pas forcement les plus touristiques, parle un excellent francais, y compris l`argot et a le sens de l`humour. Et m`a parle de la vie des gens d`ici.
Buenos Aires fait donc penser a l`Europe, disais-je. Paris beaucoup. Avec un grand obelisque au coeur d`une large avenue (la plus large au monde, disent les Argentins) bordee de magasins. Des immeubles haussmaniens, de grandes marques de luxe dans le quartier huppe de Recoleta... Des aspects plus espagnols ou italiens, les deux pays qui ont fourni une grande part de sa population a la ville. Un cote New York aussi avec les grandes enseignes lumineuses.
Le tango, le foot et le mate
Et le tango, bien sur. Une danse, un art meme, si typique de l`Argentine. Un jeu de seduction, un jeu de jambes etourdissant, une tradition bien ancree, un peu partout dans la ville. Le foot, egalement, est tres present, avec des magasins ou l`on vend des maillots un peu partout. Dans les principales rues commercantes, c`est tous les 20 m ! Quinze ans apres ses derniers exploits (sportifs en tout cas), Maradona reste la grande reference.
Le mate, enfin, cette sorte de the argentin (et uruguayen) fait d`une plante de la famille du houx (on ne dirait pas), broyee dans un recipient muni d`une pipette. On voit tous les jours des Argentins se promener dans la rue avec cet attirail et leur thermos. La boisson est tres amere mais les femmes (surtout) y ajoutent volontiers du sucre. Je prefere sans. L`arriere-gout est meilleur et moins surprenant que la premiere gorgee.
Restait a s`envoler pour Iguazu et ses chutes. A suivre...
C'est comme si le ciel du printemps argentin avait déteint dans ses yeux. Elle fixe ceux de son homme, cachés derrière l'objectif. Un bandana rouge enserre sa chevelure blonde. Elle semble venue du nord de l'Europe. Derrière elle se courbe une de ces fleurs de verre qui englobent une ampoule dorée. Celles-ci, hier soir, quand la lumière du jour ne leur faisait plus d'ombre, teintaient la pièce de lueurs chaudes, enveloppaient les visages et semblaient renforcer la texture des peaux.
Des murs blancs affichent de vieilles enseignes publicitaires, empoussiérées ou un brin rouillées. Au-dessus, de petites vitrines contiennent des bouteilles qui ont dû un jour contenir des breuvages à faire tourner la tête de quelque Porteño (*) épris de sa belle. Maryline les surplombe, et Charlie Chaplin à côté. Un haut plafond fait de petites voûtes arrête le regard. Des ventilos en tombent.
B.A. confidential
Un damier sert de plancher. Le noir et blanc sied tant au Plaza Dorrego Bar, pourtant certi de bois. Les tables et le zinc (en bois !) criblés d'inscriptions donnent une part de son âme à ce lieu empreint de confidentialité. Où l'on exhibe pourtant - pour l'éternité semble-t-il en cet endroit immuable - des amours transies, comme sur des troncs d'arbre à la campagne, ou le marronnier de l'école primaire. Heureux Jorge (et combien d'autres ?) à qui une mystérieuse Yiyi a déclaré sa flamme au milieu d'un coeur gravé à l'Opinelle.
Derrière le comptoir et ses sucreries sous cloche, le patron, chauve, petites lunettes sur le nez, sourit et semble déclamer sa flemme. Les garcons de café arpentent sans un bruit, presque dans un souffle, comme sur des patins, cet écrin patiné et ces faïences usées aux couleurs de leurs costumes, celles aussi de ces épatants pingouins patagons.
Baudelaire, le tango et l'effleure du mâle
Parmi tous ces noms incrustés comme autant d'hymnes a l'amour, Piaf aurait pu brailler là qu'elle essuie les verres au fond du café. Mais la sono crachote, comme un gramophone, des airs de tango où des voix éraillées par des enregistrements hors du temps accompagnent un bandonéon qui s'emballe après quelques langueurs de circonstances. Etrange musique, sensuelle, comme une harmonie saccadée emplie de nostalgie.
J'abandonne là le spleen de ma lecture de Baudelaire, qui parle ainsi à Hugo des petites vieilles : "Dans les plis sinueux des vieilles capitales, / Ou tout, même l'horreur, tourne aux enchantements, / Je guette, obéissant à mes humeurs fatales, / des êtres singuliers, décrépits et charmants."
Auprès de ma blonde
Sous le regard approbateur de Carlos Gardel, chantre séculaire du tango, devant le va-et-vient d'un serveur droit comme un i, le plateau à la main, portant haut un sandwich, une boisson gazeuse, sa peau burinée et sa moustache poivre et sel finement taillée, mais sussurant presque son accent chuintant, je me prends à rêver d'accrocher la première belle brune venue. La main posée fermement sur son dos, l'amenant à moi d'un geste viril, glissant de côté de quelques pas raides et lents, frôlant son corps gracieux, tous deux mus d'une froide maîtrise. Ne quittant des yeux son regard de braise qui, seul, trahit son trouble de sentir, contre son corps, l'effleure du mâle.
Crac. Mes cacahuètes sont toutes épluchées. Quelques bulles légères viennent encore nourrir la mousse à la surface de ma chope. En face de moi, Maryline semble me tendre un baiser tendre. Il est temps de finir ma blonde...
(*) Littéralement, "un gars du port", en fait les habitants de Buenos Aires.
Voir aussi les photos.
Le minibus quitte Puerto Madryn pour la Péninsule Valdès, en face. Un parcours de 200 ou 300 km nous attend, mine de rien. Sur la carte, cela paraît petit. Mais les distances, en Argentine...
On entre dans le parc. Quelques nandus (de petites autruches), des... très gros lapins sans queue (dont j'ai oublié le nom), des guanacos, des moutons qui détruisent l'écosystème à force d'arracher les plantes en les broutant. Et l'eau, si rare dans les fermes, à ce qu'on nous dit, alors qu'on touche presque l'océan. Un petit musée avec le squelette d'une baleine. On poursuit.
Sur une plage paressent des lions et des loups de mers. Flasques. Une petite baignade a l'occasion. Histoire de. Ou histoire d'eau. Plus loin, des manchots encore, mais un peu esseulés. Un beau paysage genre dune du Pyla, mais plus sombre. Et on va vers Puerto Pyramides.
De plus en plus de baleines
Bateau à touristes. La baie. Trois ou quatre baleines. La saison tire vraiment à sa fin. Elles sont venues par milliers cette année encore, toujours plus nombreuses. Mais trois ou quatre, ça fait de l'effet quand même.
Un beau moment de mon voyage, mais comme je me concentrais à les photographier au mieux (le bateau bouge, elles apparaissent assez furtivement, sans sauter comme elles le font à la saison des amours, surtout en août, elles replongent assez vite, il y a du monde sur le bateau, on tourne sur les meilleures places), et comme je m'apprêtais a les filmer un peu avant de me réserver quelques habituels instants à regarder et savourer, rien que savourer, le bateau est parti un peu vite ! Bref, petite frustration mais un grand moment de mon parcours quand même.
Nos pacifiques mastodontes des mers nous ont gratifiés de quelques jets d'eau et salués de leurs nageoires caudales. Cela valait bien le coup de presser un peu le pas sur certaines étapes précédentes pour être là avant décembre, avant que les dernières ne lèvent l'ancre.
En Argentine, ça ne parait pas toujours sur une carte mais les distances sont longues ! On compte en centaines de kilomètres et en heures de bus. Il existe une compagnie aérienne dont les tarifs sont bien plus bas que ceux d'Aerolineas Argentinas, et qui est moins souvent en grève, a priori. C'est Lade.
Les guides touristiques n'en parlent pas, ou alors juste pour la déconseiller "parce qu'elle fait des escales". Certes. Mais l'an dernier, avec Gwendal (de "Gwen et Valé"), nous étions contents de gagner 17 h (disons pratiquement une journée et demie de vacances, en comptant l'attente pendant la correspondance à Rio Gallegos) grâce à une heure et demie de vol (même moins je crois) entre Ushuaia et El Calafate et ses glaciers. Nous n'aurions pas pu en voir autant en Patagonie. Déjà qu'une journée de plus n'aurait pas été de trop !
C'est Eric, tourdumondiste croisé dans le bus vers Ushuaia, qui nous avait refilé le tuyau. Il rentrait comme cela à Buenos Aires puis la France. C'est donc bien plus cher qu'en bus mais en restant raisonnable. Et on apprécie ! Lade est une compagnie d'Etat (celle de l'armée je crois), avec des avions de taille moyenne ou petite. Hélas, elle ne dessert pas le nord du pays et, avec Micka, nous irons à Iguassu avec la principale compagnie. Mais bien se renseigner : dans certains pays, il existe de bons plans qui ne figurent pas dans les guides !
A mon hostel, à Puerto Madryn, il y avait plein de Français, de tous âges. J'ai bien dû en voir une douzaine en quatre jours, dont un Brestois. J'ai passé pas mal de temps avec Agnès, de Toulouse et Sandrine, de Paris. Notamment la visite de la péninsule Valdes ponctuée de la balade en mer avec les baleines. Très sympas. J'ai passé aussi une journée à Punta Tombo avec un couple de Suisses allemands du même hostel (leur Allemand est bien différent de celui d'Allemagne). Nous avons loué une voiture, conduit sur les routes interminables et si droites de Patagonie. ça fait très lignes droites américaines ou australiennes. Mais pour aller vers les pingouins. Eux sont partis en janvier et sont proches de la fin de leur périple. Enfin Peter et Sarah, pas les pingouins !
A Buenos Aires, je dois voir Georgina, qui a été étudiante à Saint-Brieuc il y a quelques années. Elle habite Buenos Aires, veut me faire découvrir sa ville et m'a déjà aidé par mail ces dernières semaines. Et puis je dois revoir Mark-Jan, vous vous souvenez ?, le Hollandais avec qui j'ai voyagé en Equateur et au nord du Pérou, que j'ai recroisé au nord du Chili et qui sera à BA le 4 décembre. La veille, un certain Mickaël sera arrivé de France. ça promet !