11 posts tagged “brésil”
Voilà, c'est mon dernier jour en Amérique du Sud (l'île de Pâques appartient au Chili mais pour moi, ça fait plus partie du Pacifique comme la suite de mon voyage). Une grande page de mon périple se tourne. Pas loin de quatre mois.
L'Equateur est un Pérou avec le Machu Picchu en moins et les Galapagos en plus, Bon, c'est très résumé mais c'est un peu cela. Un petit pays vert, montagneux pour une bonne part, avec quelques volcans. Mieux vaut commencer par celui-là avant le Pérou, si l'on veut visiter les deux.
Le Pérou, plus grand, plus varié, plus riche en histoire, propose des montagnes enneigées, des vestiges de plusieurs civilisations (il n'y a pas que les Incas !) et le lac Titicaca, que j'avais vu il y a trois ans. Excellent, dépaysant. La vraie Amérique du sud.
La Bolivie, je ne l'ai pas vue cette année. Outre le Titicaca, haut, immense et bleu, il y a La Paz, grouillante, pauvre, aux alentours de 4.000 m. Et au sud, l'immense désert de sel d'Uyuni, les lagunes rose, verte, les flamants roses, le ciel si pur, le désert, les volcans aux sommets enneigés. Les plus beaux paysages que j'ai pu voir, à ce jour et à mon goût. Un pays où la vie ne coûte rien, un peu instable désormais.
Le Chili est un peu l'Allemagne de l'Amérique du sud. Le pays le mieux organisé, avec de belles routes (c'est ainsi qu'on sent de suite la différence en venant du Pérou ou de la Bolivie). Un pays riche grâce au cuivre, au vin et aux fruits exportés. Des paysages très variés en ce pays tout en longueur, sur plus de 4.000 km. Le nord ressemble comme deux gouttes d'eau au sud de la Bolivie (mais les lacs sont bleus !) tandis que la Patagonie est plus fraîche, avec des montagnes enneigées et une nature verdoyante. La Suisse avec des guanacos (sortes de lamas) et des condors.
L'Argentine est presque la même que le Chili à l'ouest, du nord au sud. Il y a en plus la pampa, immense plaine sur une bonne partie de ce grand pays. Qui fait aussi pas mal européen, notamment Buenos Aires. Le nord-ouest est exceptionnel avec ses paysages de far west, superbes et variés aussi. Il y a des traditions intéressantes également. Et les chutes d'Iguazu au nord-est, communes avec le Brésil voire le Paraguay.
Le Brésil est beaucoup plus vert. La végétation est souvent dense, même en dehors de la jungle. Les villes coloniales sont belles, anciennes. Le pays est cool (on joue de la musique et on danse à droite, à gauche) mais il peut être assez dangereux. Cela dit, il était censé être le plus dangereux sur mon parcours et je n'ai eu aucun problème. En faisant attention... Pourvu que la suite se passe aussi bien.
Voilà, ces jours-ci, j'ai fait un petit flash-back sur mes photos. J'en ai vu, des choses ! Un peu triste de quitter ce continent mais déjà impatient pour la suite... A bientôt. Il se peut qu'à l'île de Pâques et Tahiti, je me connecte moins, par nécessité ou par choix. Mais les messages restent évidemment les bienvenus et ils seront lus !
Sur les plages de Rio, notamment Copacabana, quand la nuit commence à tomber, les gens s'en vont. Ceux qui restent un peu courent le risque d'être agressés ou, plus souvent, de ne plus trouver leurs affaires au sortir du bain, et une plage vide. Sans doute le voleur s'est -il approché des affaires et, pour ne pas être vu repartant avec, les a enterrées, pour revenir les chercher un peu plus tard. On peut donc retrouver ses affaires sous le sable, à proximité immédiate de l'endroit où on les avait laissées. Le mieux, si on veut se risquer à rester un peu tard, est d'utiliser la même technique : enterrrer ses affaires pour les retrouver après la baignade...
Chaque jour que mon Père fait, je vois ses créatures se presser à mes pieds comme si elles voulaient les baiser. Certaines ont un regard béat : on dirait qu'elles ont vu ma Mère. Ma Mère morte, pourtant, depuis des siècles et des siècles. D'autres se font immortaliser les deux bras tendus devant moi, sous un soleil brûlant. En suaire. Enfin en sueur. Bah... Si ça les amuse. Puis la caravane passe et tous se font la belle, cahin-caha, des auréoles sous les bras. Ma dernière tentation a été de baffer un de ces hélicos qui bourdonnent (si ç'avait été des appareils militaires, j'aurais dit : "qui superfrelonnent") sans cesse au-dessus de ma tête. Mais une petite voix m'a dit : "Je t'en prie..."
Vénère...
Aujourd'hui, pour fêter mon anniversaire, tant de gens partagent un repas étouffe-chrétien. Moi qui ai tant jeûné. Ils boivent mon sang mais prétendent que c'est mon Père en culottes de velours. Jamais trop compris pourquoi. Tant de gens vénèrent ce jour un autre barbu, mais bedonnant. Aux couleurs d'une marque de sodas. Le jour de mon anniversaire... Je suis vénère ! Tout ça parce qu'il distribue des cadeaux à tours de bras. Les miens m'en tomberaient presque. Mon Père, Lui, a distribué des pains de sucre dans la baie de Rio. J'y vois des bateaux. Marcher sur l'eau est pourtant d'une simplicité...
Forêt vierge et jungle urbaine
Une baie mi-ange mi-démon. Où des mômes des favelas, pauvres, désoeuvrés, viennent, à deux pas de chez eux, se sucrer aux frais de ces m'as-tu-vu ou simples étourdis portant signe extérieur de richesse. J'ai fait voeu de pauvreté. Des plages célèbres partout dans le monde, un grand stade de foot aussi, à mes pieds naturellement. Mon Père a sacrément oeuvré. Plus près de moi encore, une authentique forêt vierge résiste au coeur de la jungle urbaine. Une route serpente jusqu'à moi, en côte. Et l'Homme a fait de si belles choses à partir d'une côte... Celle-là est entourée d'animaux. Pas ceux de la crèche, pas ceux de l'étable. Ceux du jardin d'Eden. Ils s'y multiplient.
Le serpent, la Pomme et la statue
Sans doute ont-ils croqué la pomme, tentés par un serpent persifleur, pas si fiable et pas toujours pacifique. La Pomme, Big Apple, a d'ailleurs sa statue aussi. Ma presque voisine la Liberté. Elle tient dans une main les tables de la Loi, ou quelque chose comme cela. Elle est en quoi ? Elle étend le bras. Et moi les deux. Sa torche éclaire le monde et mon souvenir a fait tant d'illuminés.
Je ne suis pas en sucre, heureusement. Il y a longtemps que la pluie tropicale m'aurait fait fondre. Mais j'aurais bien trouvé moyen de ressusciter... Pour vous recevoir et vous pardonner.
Le Christ rédempteur (pour copie conforme, David Cormier, 33 ans - tant qu'à faire, pourquoi se gêner ?)
La pénombre est juste habillée de l'image affichée par un écran plat presque dernier cri. La pièce est calme. Dehors, la ruelle est étroite mais assez claire. Les murs vont haut. Ils sont délabrés. Un pauvre hère erre, l'air hagard. Nous sommes dans une favela de Rio de Janeiro.
Pas comme en Afrique du Sud
J'étais allé, il y a cinq ans et demi, dans un township de Cape Town et dans celui de Johannesburg, Soweto, en Afrique du Sud. Même si, à Soweto, de rares quartiers n'étaient guère pauvres, l'essentiel de ces bidonvilles respirait la misère. Des cabanons en bois sur la plaine. Des toits de tôle. Des jeunes qui y sont, au coeur de la ville. Le désoeuvrement. Le sida. L'hôpital Chris-Hanni juste en face, avec ses 14.000 lits, le plus grand de l'hémisphère sud. Les carcasses de voitures. Et la débrouille pour le reste, comme ces fils qui vont ponctionner les lignes à haute tension (comment les gens s'y branchent-ils sans s'électrocuter ?). Haute tension, oui.
Ici, à Rio, le relief est bien plus prononcé. L'habitat est en béton. Des immeubles à touche-touche. Un labyrinthe un peu oppressant. Des fils électriques qui pendent et s'emmêlent. L'intérieur des appartements, quand on y jette un oeil, contraste (sans splendeur quand même) avec le bazar de la rue. Au point que le facteur, par nécessité pratique (car qui habite où ?) et par sécurité pour lui-même, dépose tout à l'entrée du quartier. Chacun vient chercher son courrier dans la petite poste commune improvisée.
Pauvres sans trop l'être
"Ici, la plupart des gens travaillent et peuvent s'acheter des télévisions, des chaînes hi-fi. Beaucoup ne paient pas l'électricité parce qu'ils se branchent clandestinement dans la rue. Acheter un appartement coûte 13.000 reals (environ 4.000 euros)", nous explique Leandro, notre guide. Un jeune habitant du quartier, 25 ans environ. Sa mère en a 16 de plus. Il travaille pour une agence créée par une étrangère, qui a voulu donner un job aux enfants méritants de la favela.
Par ailleurs, un club de surf existe et n'est ouvert qu'aux enfants qui travaillent bien à l'école. "Je suis ici pour vous montrer les bons aspects de ces quartiers. Ils ne sont pas comme les gens les imaginent le plus souvent. 99% de la population veut simplement vivre honnêtement, normalement", lance Leandro, qui ne manque pas de remercier ses visiteurs, ses clients, pour l'aide qu'ils apportent, si modestement, au quartier.
Un contact décontracté
Pas question toutefois, à Rio comme en Afrique du Sud, de se promener là seul ou en groupe de touristes non accompagnés d'un habitant de la favela. Leandro nous recommande de ne pas prendre de photo, dans certaines rues. Un appareil photo, c'est tentant ! Mais tout se passe bien. On nous fait signe, on nous sourit, on pose devant l'objectif, on nous dit bonjour. Des enfants jouent avec ce qu'ils trouvent, avec des poupées aussi. Une très jeune fille vient draguer le Suisse, genre grand surfeur blond en bermuda qui nous accompagne, un gars de la même pousada (auberge de jeunesse, disons) que nous. Bref, elle n'a aucun goût ! Les dealers ou les détrousseurs se tiennent à distance, à moins qu'on ne les évite.
Un marché par ci, des boutiques par là, des artisans, tous les métiers ou presque sont représentés. De vagues terrains de foot accueillent des enfants qui rêvent d'un destin à la Ronaldinho, cet enfant pauvre (de Porto Alegre, à l'extrême sud du pays) devenu star et riche. Comme bien d'autres. Si peu quand même.
Venus du Nordeste
"Les vrais pauvres, au Brésil, habitent le Nordeste, la région de Bahia par exemple. Ils n'ont rien, là-bas", explique Daniel, l'un des jeunes qui tient notre pousada, l'Alpha Hostel. C'est de là-bas que viennent la plupart des habitants (souvent noirs, souvent métis, parfois blancs) des favelas. A noter que celle que nous avons visitée se trouve vers le bas de la colline. Les derniers arrivés (le flux continue) s'installent plus haut, comme à La Paz en Bolivie. Ils sont plus pauvres.
Un hélico survole la zone. "Peut-être un repérage pour construire un hôpital tout près d'ici", espère Leandro. "C'est en projet. On verra..." Un autre approche. Se pose. Le Père Noël (ici, on prononce "Papa Noëon" et c'est rigolo à entendre) en sort. Il descend du ciel. Il a été élu récemment parmi les habitants du quartier. Les enfants accourent. Un moment de joie, en ce 23 décembre. Comme partout ailleurs, finalement...
La bière. La boisson que les Brésiliens boivent le plus, en dehors de l'eau, c'est la bière, comme dans beaucoup de pays. La Skol voire la Brahma. Plus rarement l'Antartica. Pas mal. Assez légères.
La caïpirinha. C'est la boisson la plus typique. Prenez un verre. Mettez-y un demi citron vert coupé au moins en deux. Une grosse cuillère à café de sucre. Ecraser tout cela. Ajouter un demi verre de cachaça blanc, le rhum brésilien (à défaut, du rhum classique bien sûr). Ajouter des glaçons (pilés ou pas). Mélanger dans un shaker. Servir frais. ça se boit bien mais ça tape ! Une variante à la vodka : la caïpiroska.
La coco verde. C'est une noix de coco encore verte scalpée à la hache. Bon, disons à la machette ou un bon couteau de cuisine. Une paille et on sirote les quelques dizaines de centilitres. ça a un peu le goût de coco, sans plus. ça a plus la texture de l'eau que du lait. C'est bon, c'est frais. On peut demander aussi, à la fin, à faire ouvrir la noix pour racler les deux millimètres d'épaisseur de fruit. C'est bon, ça sent un peu plus la coco mais ça devient assez vite écoeurant.
Les sucos. Ce sont des jus de fruits. Généralement naturels, parfois avec des glaçons (ou mélangés avec des glaçons pilés mais l'eau, en principe, est potable). A la mangue, à la papaye, à la banane, à la fraise, à l'ananas, à ce que l'on veut parfois. Un délice.
Le café. Il est souvent bon, assez fort. Le Brésil est réputé, il est vrai, pour ses cafés.
Ce devait être un avant-goût de paradis, un petit mois avant Moorea, en Polyneésie. J'espère qu'il y fera plus beau qu'à Paraty. Les deux jours passés là me laissent un goût d'inachevé, à cause du temps. Bon, on ne peut pas avoir toujours le ciel avec soi. Du soleil, j'en ai eu beaucoup, j'en aurai encore beaucoup et Micka en a eu aussi en Israël cette année. Mais quand même...
Il manquait juste le soleil
Elle aurait eu tout autre allure, la petite croisière sur un vieux voilier, nommé Sir Francis Drake pour renforcer à souhait et à peu de frais le côté aventurier, parmi les îlots de cette baie du sud du Brésil. Une eau verte, une végétation dense, des poissons qui dansent, rayés ou allongés, du sable clair et fin. De vieilles coques blanches, des bicoques blanches aussi, parées de fleurs rouges et de feuilles vertes. Une baie calme, sans grand vent. Une journée bien agréable quand même à l'heure ou la France grelotait.
Une température fort clémente (un peu moins chaude qu'à Bahia), de beaux paysages, même dans la grisaille, une belle éclaircie l'après-midi. Le beau voilier, cette moqueca le midi, ponctuée de tranches d'ananas et de pastèques. Ces baignades...
Une belle architecture coloniale
Le plafond bas gêne moins en ville. Une longue avenue mène à la vieille cité, dont les églises ne comptent qu'un clocher excentré. C'est de là que partait l'or du Brésil, vers le Portugal. Il reste de l'époque coloniale une architecture genre maisons de pêcheurs améliorées. Des murs blancs, comme à Ouro Preto (d'ou venait l'or) mais des constructions plus basses, sur un ou deux niveaux, avec des pourtours de fenêtres et de portes colorés...
Quelques décorations de Noël sur les cocotiers, des chevaux qui tirent des charettes pleines de fruits ou tout autre produit. Et départ pour Rio. Un ciel si gris, des tankers le long de la côte. Triste. Mais dans les oreilles, heureusement, de la musique. J'y reviendrai.
Un artiste hors pair. A Ouro Preto, nous avons visité deux ou trois églises et un musée. On y voit les oeuvres de L'Aleijadinho. Né d'un père architecte portugais et d'une mère esclave noire au XVIIe siècle, il a sculpté du bois, de l'argent, de la pierre, il a peint aussi. Une finesse de travail asez impressionnante. Autant dire que pour faire cela, il ne fallait pas être manchot ! Et bien si, justement. Il avait la maladie des os et on a dû lui couper les avant-bras. Il a réalisé l'essentiel de son oeuvre avec des prothèses. Une vraie leçon de courage et de talent. L'histoire ne dit pas s'il a pu aussi manger du chocolat (allusion à la cruelle histoire drôle. Vous connaissez ?). Chapeau bas en tout cas.
Un café de classe. Un peu comme le Dorrego Plaza Café à Buenos Aires, mais dans un autre style, le Café Geraes d'Ouro Preto est typé et assez ancien. Un corsaire est collé au mur, dehors. A l'intérieur, les couleurs sont assez vives. Une Bahianaise en bois nous accueille juste avant les garçons de café. On peut observer la vie du lieu dans la laque du piano noir, au reflet imparfait mais assez révélateur. Un petit escalier, un comptoir d'époque, des prix normaux... Un endroit sympa dans la principale rue commerçante, qui monte vers la place Tiradentes, du nom de celui qui a voulu libérer la ville avant d'y être écartelé (charmant !).
Un parc décevant. Nous sommes allés au parc Itacolomi pour essayer de voir des paresseux, des perroquets et autres animaux dans un bout de jungle. Après une heure de marche avec des protections de cuir autour des mollets pour se protéger des éventuelles morsures de cobras (!), il faut avouer qu'à part nos deux jolies jeunes guides, nous n'avons rien pu admirer de la vie locale. Les macaques riaient au loin à notre entrée dans la forêt mais on ne les a jamais vus ensuite (farceurs, va !). Quelques thermitières, beaucoup de végétation, quelques oiseaux... Nous marchions sans doute trop vite et en parlant un peu : nous avons sans doute fait fuir les animaux (enfin, pas les paresseux !). Nos guides n'étaient sans doute pas assez expérimentées.
Des cascades à foison. À quelques kilomètres d'Ouro Preto, Lavras Novas est un charmant village coloré, très brésilien. On y voit pas mal de gens à vélo ou conduire une coccinelle, des vaches le long des maisons aussi ou sur les routes. Tout près se trouvent aussi des cascades, les cachoeiras. Au milieu d'une terre ocre et d'une végétation dense, elles sont nombreuses et belles. Se baigner dans des piscines naturelles en... cascade les unes au-dessus des autres, même par temps assez moyen, quel pied ! L'eau devait être à 20 degrés environ.
D'heureuses rencontres. Si je dis "nous" depuis le début, c'est pour Mickaël et moi, mais aussi pour trois autres jeunes rencontrés dans notre pousada. Horacio, Lusitano-suisse ou Helvético-portugais de Genêve, connaît bien le Brésil maintenant. Il m'a donné aussi plein de conseils pour l'Australie, l'autre pays qu'il adore. Bourré d'humour, il nous a servi aussi d'interprète, souvent. Quant à Léo et Sylvia, de l'Essonne, ils comptent aussi parmi mes meilleures rencontres depuis le début. De bonnes rigolades, ça fait toujours du bien.
Ouro Preto offre d'emblée une vue riante. On arrive de Belo Horizonte en bus, sur les hauteurs. Qui plus est, notre pousada (auberge) dispose d'une terrasse face à la ville qui s'étale, tranquille, sur les collines. Ouro Preto exhibe ses toits de tuiles, ses innombrables églises coloniales qui surplombent ses principaux quartiers et ses vallées luxuriantes. Parfois, ces églises ne sont distantes que de quelques dizaines de mètres : ce sont de riches familles qui les ont faites construire.
Les mines des mauvais jours
Les Portugais, en bons colons, se sont davantage enrichis de l'or que renferme le sol de cette région du sud du Brésil que des traditions de la population locale. En témoignent encore, à quelques kilomètres, les mines de Passagem. Celles qui ont donné son premier nom (Villa Rica, "la ville riche") à Ouro Preto ("or noir"), première capitale de l'Etat du Minas Gerais. Les mines des mauvais jours pour les Africains (essentiellement) apportés là pour travailler. On les castrait pour ne pas qu'ils se dispersent à d'autres préoccupations que leur tâche... Une visite intéressante. Les mines ont fermé en 1985.
Une nuée de coccinelles
Aujourd'hui, cette ville-musée de 60.000 habitants (quand même) coule des jours plus heureux. Oh ! Tout le monde n'est pas riche ! Mais on y flâne volontiers, sans trop de danger, parmi les échopes d'artisanat d'art. Les rues en forte pente sont pleines de charme, le centre est animé. Les belles coccinelles y pullulent telles des libellules autour d'un lac. Ces voitures s'intègrent à merveille dans ce décor bien sud-américain.
Un ciel bien luné
Quelques fleurs exotiques côtoient nos hamacs sur notre terrasse. Des oiseaux colorés s'y égaient. Des colibris viennent vrombir autour de l'abreuvoir. Et là-bas, au fond, quand arrive la nuit, à pas de loup, les églises d'Ouro Preto semblent se parer d'or. Sous des étoiles scintillantes dans un ciel bien luné.
Salvador de Bahia, comme Valparaiso la Chilienne, est une vieille dame au passé glorieux, qui se maquille encore pour défier les outrages du temps. Elle se farde de couleurs vives et dépareillées, sans toutefois que l'ensemble soit de mauvais goût. Une richesse de façade.
Ses murs défréchis sont des vers à la ride riche
Car là n'est pas le vrai charme de la ville. Elle est un poème. Ses murs défréchis font de ses rues des vers à la ride riche. Ses fenêtres laissent apparaître des femmes qui regardent passer la vie. Ses rues pentues sont plantées de pavés comme les campagnes environnantes de plants de café. Café, comme la couleur de la peau de la majorité des habitants. D'autres sont chocolat, y compris blanc parfois.
Salvador était la capitale du Brésil jusqu'en 1786. Elle a dû bien rire quand Rio, qui lui a ravi ce titre, a à son tour été supplantée par plus jeune qu'elle. Brasilia n'a même pas eu besoin de se faire belle pour celà.
Des autels quatre étoiles
Salvador n'a pas toujours eu le coeur à rire. Ses enfants sont pauvres. Leurs ancêtres étaient esclaves, venus d'Angola ou du Nigeria. Le café, comme la canne à sucre, le tabac pour les cigares, ont fait la fortune des colons portugais. Ceux-là ont bâti tant d'églises aux autels quatre étoiles, tout en or, pour impressionner les âmes locales à convertir, ils ont si bien modelé la ville qu'elle attire aujourd'hui beaucoup de touristes. Une autre source de richesse. Qui pousse au crime, du moins au vol, sur qui n'y prend pas garde. Mais la police veille depuis quelques années, pacifiant le coeur de la cité.
La capoeira des noirs, un combat à blanc
Les noirs n'avaient pas le droit de s'aguerrir aux sports de combat. Trop dangereux pour les blancs. Les mains enchaînées, ils se sont alors exercés à une sorte de danse, le pied frôlant le visage du vis-à-vis. En vue de réels combats futurs pour s'affranchir de l'esclavage. On appelle cela la capoeira. Un combat à blanc plus qu'une danse. Aujourd'hui, elle fait partie du folklore, dans les rues, au son des percus, et se trouve très en vogue bien au-delà du Brésil. Elle requiert une souplesse et une force musculaire étonnantes (voir la vidéo).
Autre attraction touristique, ces Bahianaises qui déambulent dans leurs robes traditionnelles soutenues par des arceaux, qui rendent rondes même les plus fines. Des robes colorées sous des visages maquillés comme les murs environnants. On sourit, on se colore, on fait comme si, pour rendre la vie plus indolore...
A Salvador de Bahia, au Brésil, on est souvent accosté par des gens, enfants ou adultes, qui veulent vendre (il faut dire qu'il y a beaucoup de pauvreté), un peu tout et n'importe quoi. En particulier de petits bracelets en tissu coloré. Le mieux est d'en acheter un et, lorsqu'on vous en propose encore un (avec insistance, en vous disant que c'est gratuit), il suffit de montrer que vous en portez déjà un. Et on vous laisse tranquille, généralement. Libre à chacun d'aider la population d'une manière ou d'une autre, mais l'histoire des bracelets, c'est vrai qu'on se lasse vite. Enfin, la parade existe.