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La flemme de nettoyer vos chaussures crottées, en Nouvelle-Zélande ou en Australie ? Si vous devez prendre l'avion, facile !!! Il suffit de répondre "yes" (ça veut dire quelque chose comme... "oui") à la question : "Avez-vous des chaussures sales dans vos bagages ?" Ils vous les lavent direct, paraît-il !
Impossible de passer d'un pays à l'autre avec des chaussures sales ou même des fruits, des légumes, etc. C'est aussi le cas (enfin, c'est interdit mais pas impossible) entre deux Etats au sein même de l'Australie, mais aussi en Argentine. Une façon de protéger les éco-systèmes. Ainsi, en sortant d'Argentine pour entrer au Chili, il y a un an et demi, Gwen, mon compagnon de voyage d'alors, et moi avons dû laisser à un douanier chilien les deux pommes qui nous restaient. Pas sûr du tout qu'il les ai jetées !
Je ne raconterai pas ici par le menu l'histoire de l'île de Pâques. Je le fais en partie dans mon prochain article à paraître dans le Télégramme (dimanche, dans une semaine, je suppose) et voici un lien très intéressant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Ele_de_P%C3%A2ques
Disons simplement que le paysage n'est que moyennement dépaysant, surtout pour les Bretons qui suivent ce blog, mais la présence des moaïs, un peu partout, la rend vraiment particulière...
Me revoilà donc en France ! Je suis arrivé à Tahiti hier soir après 5 h 30 de vol, en provenance de la merveilleuse île de Pâques, dont je publie enfin les premières photos. Onze heures de décalage avec la métropole. C'est la France et je peine à m'y faire ! Tout le monde parle français, les journaux et magazines sont français et j'ai tendance à dire "hola" ou "gracias" ! Ce clavier est en azerty et j'ai bien du mal à trouver les touches ! Il fait plus de 30 degrés mais il pleut ! Et les jours prochains devraient être du même ordre. Mais le soleil fait toujours de petites apparitions. Heureusement que je suis là pour une semaine ! J'ai vu ce matin un restau qui s'appelle "Au piment rouge, cuisine du sud-ouest", de la France, ça va sans dire. Mais ça me fait drôle.
Pâques, une belle île en mer du sud
Pâques, déjà, avait commencé à me rappeler la Bretagne, Belle-Île en Mer, par exemple. Le premier matin, pluie sur l'océan puis soleil. La côte, rocheuse, est bien découpée. Des Français au camping où j'ai passé quatre nuits (enfin, dans un dortoir en dur), dont une famille parisienne qui a de la famille à Pithiviers ! En cheminant, je pensais aux célèbres gaulois (bientôt sur vos grands écrans) en me disant qu'il y a de drôles de menhirs ici. Avec des visages et parfois des yeux et un chapeau ! Et puis je suis passé devant une taverne arborant Obélix portant une telle statue ! Marrant.
Les paysages font penser aux Monts d'Arrée et je vois d'ici mes lecteurs bretons soit bomber le torse, soit se dire que ça ne vaut pas la peine d'aller si loin. Pâques ressemble aussi à ce que doit être l'Ecosse. On y trouve pas mal de chardons, ces collines où l'ombre se déplace au gré de l'avancée des nuages. Le vent et l'eau sculptent la lumière. Les gens que j'ai croisés et qui sont allés là m'avaient dit que deux jours suffisent. Mais quatre, c'était un peu juste ! J'y reviendrai dans une prochaine note.
Des airs de Paris
La France, j'en ai eu aussi des airs à Santiago. Des airs de musique notamment. La famille Nunez, qui m'y a si bien accueilli, parle français et m'a proposé de regarder le dvd "La Môme", en français. Je ne l'avais pas vu. Dans les Boeings de Lan Chile, on peut voir 70 films ou écouter 300 cd. Dont Aznavour, Bécaud, Brel, Amélie Poulain et Piaf. Ce Paris-là m'a manqué. Enfin, jusqu'à l'île de Pâques...
Voilà, c'est mon dernier jour en Amérique du Sud (l'île de Pâques appartient au Chili mais pour moi, ça fait plus partie du Pacifique comme la suite de mon voyage). Une grande page de mon périple se tourne. Pas loin de quatre mois.
L'Equateur est un Pérou avec le Machu Picchu en moins et les Galapagos en plus, Bon, c'est très résumé mais c'est un peu cela. Un petit pays vert, montagneux pour une bonne part, avec quelques volcans. Mieux vaut commencer par celui-là avant le Pérou, si l'on veut visiter les deux.
Le Pérou, plus grand, plus varié, plus riche en histoire, propose des montagnes enneigées, des vestiges de plusieurs civilisations (il n'y a pas que les Incas !) et le lac Titicaca, que j'avais vu il y a trois ans. Excellent, dépaysant. La vraie Amérique du sud.
La Bolivie, je ne l'ai pas vue cette année. Outre le Titicaca, haut, immense et bleu, il y a La Paz, grouillante, pauvre, aux alentours de 4.000 m. Et au sud, l'immense désert de sel d'Uyuni, les lagunes rose, verte, les flamants roses, le ciel si pur, le désert, les volcans aux sommets enneigés. Les plus beaux paysages que j'ai pu voir, à ce jour et à mon goût. Un pays où la vie ne coûte rien, un peu instable désormais.
Le Chili est un peu l'Allemagne de l'Amérique du sud. Le pays le mieux organisé, avec de belles routes (c'est ainsi qu'on sent de suite la différence en venant du Pérou ou de la Bolivie). Un pays riche grâce au cuivre, au vin et aux fruits exportés. Des paysages très variés en ce pays tout en longueur, sur plus de 4.000 km. Le nord ressemble comme deux gouttes d'eau au sud de la Bolivie (mais les lacs sont bleus !) tandis que la Patagonie est plus fraîche, avec des montagnes enneigées et une nature verdoyante. La Suisse avec des guanacos (sortes de lamas) et des condors.
L'Argentine est presque la même que le Chili à l'ouest, du nord au sud. Il y a en plus la pampa, immense plaine sur une bonne partie de ce grand pays. Qui fait aussi pas mal européen, notamment Buenos Aires. Le nord-ouest est exceptionnel avec ses paysages de far west, superbes et variés aussi. Il y a des traditions intéressantes également. Et les chutes d'Iguazu au nord-est, communes avec le Brésil voire le Paraguay.
Le Brésil est beaucoup plus vert. La végétation est souvent dense, même en dehors de la jungle. Les villes coloniales sont belles, anciennes. Le pays est cool (on joue de la musique et on danse à droite, à gauche) mais il peut être assez dangereux. Cela dit, il était censé être le plus dangereux sur mon parcours et je n'ai eu aucun problème. En faisant attention... Pourvu que la suite se passe aussi bien.
Voilà, ces jours-ci, j'ai fait un petit flash-back sur mes photos. J'en ai vu, des choses ! Un peu triste de quitter ce continent mais déjà impatient pour la suite... A bientôt. Il se peut qu'à l'île de Pâques et Tahiti, je me connecte moins, par nécessité ou par choix. Mais les messages restent évidemment les bienvenus et ils seront lus !
Meilleurs voeux à tous !
Bonne année, bonne santé, prospérité et tout ce qu'on dit dans ces cas-là. Je vais continuer à essayer de vous faire voyager pendant encore plus de cinq mois. Le Chili, l'île de Pâques samedi, puis Tahiti la semaine prochaine avant la Nouvelle-Zélande, l'Australie puis l'Asie.
Mon réveillon (quatre heures après le vôtre) a été très sympa et inhabituel. Arrivée à 19 h sur une colline de Valparaiso, au-dessus du port, par le funiculaire, avec Jorge, un ami de Santiago qui m'héberge en ce moment avec ses parents (enfin là, je dors à Valparaiso quelques nuits). Il était temps d'arriver : il ne restait quasiment plus de place !
Ambiance Tour de France
Petite table pliante, pique-nique, soleil, 25 degrés et des gens portant des perruques brillantes ou des chapeaux pointus, jetant des confettis ou faisant exploser des bombes de serpentins. Et cela sentait bon le barbecue. Une ambiance populaire du style attente du passage du Tour de France, comme me l'avait dit Rozenn, une Briochine (habitante de Saint-Brieuc) qui a passé huit mois ici l'an dernier et que nous avions retrouvée ici d'ailleurs, avec Gwendal, mon compagnon de voyage d'alors.
La nuit est tombée vers 21 h 30. Et le feu d'artifice à minuit, pour 25 minutes. Les grues, les containers s'offraient de nouveau à notre vue, ainsi que la ville illuminée, étalée sur une vingtaine de collines. Plusieurs autres villes dans la baie proposaient aussi un feu d'artifice : Viña del Mar, Còn-Con... Bref, une explosion de couleurs. Un beau spectacle ! Ponctué d'une grosse fête avec des artistes sur scène, place Sotomayor (la principale) et ailleurs, beaucoup de monde dans les rues jusqu'à 5 h environ. Un bon réveillon.
Photos, vidéos...
On me demande si je sais que j'ai échappé à un violent séisme. Oui, deux ou trois collègues m'ont envoyé un mail. Je n'étais pas au courant. 7.7, c'est raide ! Heureusement, le nombre de morts (deux quand même) et les dégâts, compte tenu de l'ampleur de la secousse, ont été modérés.
Cela s'est ressenti jusqu'en Argentine mais pfiouuu, je n'ai même pas senti. Je devais être près de la frontière chilienne justement, près de l'Aconcagua. Mais c'est au centre du pays et l'épicentre était au nord, pas très loin (peut-être 150 km) de San Pedro de Atacama, où j'étais deux semaines plus tôt ! Il y avait eu un séisme au Pérou, un peu moins fort mais bien plus meurtrier, mi-août...
Je prends des bus à travers la plaine
Bref, je prends ce soir un bus de nuit vers la pampa (qui veut dire "plaine"), après deux mois de cordillère où - je croise les doigts pour la suite - tout s'est parfaitement bien passé. J'ai donc échappé à un terrible tremblement de terre, aux éruptions volcaniques, aux condors qui rôdent au-dessus des têtes des gringos, aux serpents à plumes de l'Amazonie assez proche du Machu Picchu, aux bandits de grand chemin, au paludisme, au choléra, à la sécheresse absolue du désert, aux sirènes qui rôdent près des Galapagos, aux effets de la coca, aux sortilèges des momies incas...
Je quitte la cordillère et ses hauteurs enivrantes parce que devenir un héros là où je passe, cela devient la routine. Hier encore (j'avais 20 ans, oui, je sais), j'ai sauvé une petite Argentine épouvantée des griffes d'un puma. Pauvre bête...
A part ça, on m'a vu dans le Vercors, sauter à l'élastique, voleur d'amphores au fond des criques. J'ai fait la cour à des murènes, j'ai fait l'amour, j'ai fait le mort... T'étais pas né(e)... Et puis en fait, la nuit, je mens : je prends des trains à travers la plaine. Je mens effrontément et je m'en lave les mains. Jetez un oeil, écoutez, j'adore.
Voilà, je vous ai chargé des dizaines de photos, rien que pour vous pour le week-end (et pour moi plus tard !). Me voilà à jour. Le nord du Chili et de l'Argentine, un recoin de Bolivie : des paysages pour l'essentiel. Exceptionnels et si variés. Pour compléter aussi ma note sur la route entre San Pedro et Salta. Merci de vos commentaires.
Tiens, si vous disiez quelle est votre photo préférée, depuis le début du voyage ?
Décidément, je ne m'en lasse pas. Je crois toujours (mais je vous en reparlerai en juin !) que ce sont les plus beaux paysages au monde. Hier matin, j'ai quitté San Pedro pour l'Argentine, en frôlant la Bolivie. Près de dix heures de voyage : le bus ne roulait qu'à 40 la plus grande patie du temps (on a effectivement vu un âne traverser) et il a fallu passer une heure à la frontière.
Plusieurs heures sur l'altiplano, à 4.200 m d'altitude. On a même, selon le chauffeur (croyons-en le chauffeur), franchi les 5.000 juste avant l'Argentine. Mon record, donc. Le précédent date d'il y a trois ans, à quelques dizaines de kilomètres de là, 4.975 m je crois.
Le désert et des lagunes à 4.200 m
Le Licancabur, à cheval sur le Chili et la Bolivie, nous a encore accompagnés un bout. La région est brune, ocre, sous un ciel sans le moindre nuage. Par moments, des ichus (des touffes de paille) dépassent du sable. Les vigognes s'en nourrissent. On se demande toujours de quoi vivent ces graciles petits camélidés à la laine si délicate (l'haleine, je n'en sais rien), la plus chère de la planète. Dans ces terres si arides, elles trouvent toujours de quoi subsister. Un troupeau de lamas, emmené par un berger, distrait les voyageurs.
Le seul bus reliant San Pedro à Salta est luxueux : larges vitres, clim'... Je suis devant, avec de la place pour mes jambes et vue sur la belle route. Par-fait ! Je me régale, prends quelques photos, me permets même de somnoler un moment. Au réveil, le paysage est le même. Sublime.
On aperçoit vite la si verte laguna Verde, en Bolivie, au pied du Licancabur. Une autre, plus loin, aussi émeraude mais plus petite, nous fait de l'oeil. On voit aussi ce qui est peut-être le désert de Dali, que j'ai vu il y a trois ans. Avec ses rochers presque filiformes qui sortent du sable, comme dans des tableaux de Dali. Le désert de Siloli, avec l'arbre de pierre que ceux qui me connaissent bien ont vu en photo, est derrière, si je me souviens bien. Je verrai dans quelques jours, dans la vallée de la Lune argentine, de telles formations géologiques.
Festival de couleurs
Le festival de couleurs se poursuit et, quelques dizaines de kilomètres après l'entrée en Argentine, on roule dans un canyon aux parois sombres emplies de cactus. Droits ou candelabres. Plus rien à voir avec ce qui précédait ! Mais très beau aussi.
Salta est à 1.200 m d'altitude. Une grande ville de l'ouest argentin où je suis arrivé à la nuit tombante. Les vaches et les chevaux des gauchos ont remplacé les vigognes sur les panneaux jaunes en losange, sur le bord des routes. Au fond, à gauche, les montagnes ne sont que des silhouettes noires se découpant sur un ciel rosâtre surplombé de nuages menaçants. A droite, le soleil joue avec les nuages et les transperce en quelques énormes rayons qui semblent d'inspiration divine. La région de Jujuy (prononcer Rourouille) et Salta est très verdoyante.
Entre temps, après les hauts plateaux de sable puis les cactus,on a traversé rapidement un salar (j'y retourne lundi) et on a changé encore d'environnement. On est entrés dans une grande vallée. La route serpente et dévale vers un lieu situé quelques centaines de mètres plus bas. C'est aussi beau et pourtant si différent que cet altiplano qui me plaît tant. Ce qui j'y ai vu ?
Vous le saurez au prochain épisode, car j'y retourne lundi, je vous ai dit ! Mais avec du temps pour m'y arrêter et prendre des photos. ça vous dit ?
Se réveiller dans un bus matinal, sur un parfait ruban d'asphalte au milieu de montagnes de roches sablonneuses, passant des ocres aux marrons en passant par les beiges sous un ciel épuré, c'est beau. Et c'est ça, la moitié nord du Chili.
Vendredi matin, direction le parc national de Lauca, en quête de ces paysages qui m'avaient bluffé, il y a trois ans en Bolivie, de l'autre côté des volcans. Des dunes, des terres vierges, là quelques cactus, une ou deux fleurs qui trouvent dans la fraîcheur de la nuit le peu d'humidité qui suffit à leur épanouissement. La route traverse parfois un morceau de montagne, qui révèle alors sa rougeur, comme si elle était encore à vif de cette saignée. Et puis, passé un virage, une improbable vallée de verdure.
Lamas et neiges éternelles
Putre est un village sans intérêt. Le parc national en revanche, avec ses lamas et ses cousins alpagas et vigognes, est somptueux. Des viscachas, ces gros lapins à queue d'écureuil. Je rejoins un groupe. Balade en minibus puis à pied jusqu'à ceux des volcans. Coiffé de neiges éternelles (il dépasse nettement les 6.000 m), le Parinacota est majestueux, parmi ses voisins. Partout ces ichus, paille andine qui sort par touffes de cet univers minéral. Les yaretas, ces mousses aussi qui enrobent, ici et là, des rochers dont elles semblent vouloir concurrencer la dureté. Et des lacs, bleus ou jaune.
Je n'ai, hélas, pu dormir au refuge du Conaf, l'équivalent de notre Office national des forêts. Au pied du volcan, j'y aurais vu le soleil se coucher, dorer sans le faire fondre son toit immaculé. Une heure plus tard, j'aurais vu la pleine lune, énorme, blanche, éclairante, donner un autre aspect à ce paysage.
Le soleil couchant caresse les flancs des collines
Je suis redescendu à Putre (3.500 m). La lumière déclinante, jusqu'à l'écarlate coucher du soleil, venait caresser les flancs des collines. La température chutait pourtant, dehors, devenant mordante. A 4.500 m, à cette époque intermédiaire, c'est vingt degrés le jour, moins dix (ou moins quinze) au coeur de la nuit.
Le lendemain matin, avec un couple d'Allemands rencontré vendredi, petit tour aux sources d'eau chaude. Un chouïa au-dessus des 4.000 m et des 40 degrés. Je me suis dit qu'il y a deux mois à peine, j'avais un appart', un bureau, une voiture. Cela parait loin. Je n'ai plus rien de tout cela. Mais le monde devant moi. Alors dans ce bain chauffé par le soufre, faisant la planche sous ce ciel sans nuage, avec deux Allemands, trois ou quatre Chiliens et le soleil pour témoins, j'ai crié un dicapriesque "I am the king of the world" qui, peut-être, résonne encore dans quelque vallée préandine...