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Des rats, pas toujours en bon état, qui furètent dans les détritus des caniveaux de Bombay. Des traces au sol d'on ne sait toujours quel animal : odorantes, parfois toutes fraîches, liquides et aux couleurs douteuses. Une odeur dominante dans la ville difficile à décrire, très supportable mais moyennement agréable, qui suppante régulièrement d'autres parfums aux aires d'influence plus circonscrits : les poubelles, le métal chaud des moteurs de véhicules ou des petits artisanats, la pollution, l'urine, les excréments, éventuellement la sueur mais aussi le thé, la bonne cuisine parfumée, les épices. l'encens (parfois, vous vous sentez presque shooté !) voire l'océan ou même l'odeur d'un petit gazon fraîchement coupé (un pannonceau indique alors le nom du sponsor responsable de ce petit miracle).
Un autre monde
L'Inde, on le sait, n'est pas un modèle d'hygiène. Certaines villes d'Equateur et du Pérou m'y avaient préparé et je n'ai donc pas été choqué outre-mesure. Mais ici, c'est quand même un cran au-dessus. Venant de Sydney, c'est franchement un autre monde. J'ai aimé Sydney mais un peu moins d'autres villes d'Australie ou de Nouvelle-Zélande. On apprécie leur propreté, leur bel ordonnancement. Au début.
Mettre le souk
Là où il y a de l'hygiène, il y a du plaisir mais on l'oublie vite. Sans doute parce que nous, européens, sommes habitués à cela, nous considérons que c'est la moindre des choses. On se dit rapidement que c'est calme, que c'est tant mieux mais ensuite, on commence à trouver cela ennuyeux. C'est bien simple, chez les kiwis, je crois que si j'avais été un gosse et si j'avais eu ma propre chambre, j'y aurais mis le souk !
L'Inde, elle, transpire la vie. Et la mort parfois aussi. Dans deux semaines, Hong Kong. Gratte-ciels et propreté annoncés. Finalement, après un mois de crasse plus ou moins régulière, j'aurai sans doute plaisir à retrouver une hygiène plus conforme à nos habitudes... Surtout que la vie, elle, grouillera encore.
La Nouvelle-Zélande et l`Australie sont deux pays assez différents. Voilà quelques éléments de comparaison.
Origines. Les maoris et les aborigènes sont surtout présents par le commerce qui est fait autour de leur culture. Une grande différence toutefois : en Nouvelle-Zélande, les maoris ne sont pas marginalisés autant que les abos en Australie.
Moqueries entre voisins. Les Néo-Zélandais appellent les Australiens des criminels. Parce que les premiers Européens à peupler ce pays-continent étaient des prisoniers. Criminels comme petits voleurs, d`ailleurs. Les Australiens prétendent régulièrement que leurs voisins kiwis... euh... font des choses bizarres avec leurs moutons. En anglais, c`est un mot de quatre lettres qui comence par un "f". En Nouvelle-Zélande, on trouve souvent dans les boutiques de souvenirs de faux panneaux routiers oranges avec un homme derrière un mouton. Et une inscription dessous : "men at work", "hommes au travail". Je pense que c`est destiné surtout aux touristes australiens. Les deux peuples, par ailleurs, s`entendent bien. Il faut dire qu`ils ont les mêmes origines britanniques et qu`ils sont du genre cool.
No worries, mate ! "Pas de problème, mon gars !" On entend cela souvent dans la bouche des Australiens. C`est un peuple qui ne s`en fait pas. "Les problèmes du vendredi après-midi peuvent bien attendre le lundi matin", dit-on aussi, au boulot. La productivité n`est pas extraordinaire, visiblement, là-bas. "Un coup de main ?" "No, thank you, just relax !" Même genre de mentalité chez les kiwis. On finit souvent vers 17 h et on va surfer, m`ont dit plusieurs personnes sur place.
Américanisation. La Nouvelle-Zélande m`a énormément fait penser à la Grande-Bretagne, par ses gens, sa nourriture et ses paysages, sauf quelques paysages nordiques. L`Australie a aussi ce genre de traits (Elisabeth II est leur reine aussi) mais elle fait surtout penser aux Etats-Unis. Ce grand désert sec, ces rocs rouges comme dans l`ouest américain, ces espèces de réserves d`aborigènes qui boivent comme les Indiens d`Amérique, ces gratte-ciel, ces villes modernes et sans âme, cette priorité donnée à l`argent, ces hamburgers, ces sodas. Je ne suis pas allé aux Etats-Unis mais nous les connaissons tous par coeur, n`est-ce pas ?
Animaux. Rien à voir ! A part les possums importés d`Australie en Nouvelle-Zélande, les animaux ne sont pas les mêmes. La faune de Nouvelle-Zélande n`est composée que d`oiseaux et d`insectes, plus des rats amenés par les Polynésiens puis les Européens. J`ai fait une note longue mais bien incomplète sur celle d`Australie, l`un des pays où la biodiversité et l`endémisme sont les plus forts au monde. Et beaucoup de sales bêtes venimeuses.
Fierté. Dans les deux pays, on vante beaucoup l`origine locale des produits. On dit quand ils sont fabriqués dans le pays, ce qui sous-entend aussi qualité. Il n`est pas rare d`ailleurs de lire "qualité Nouvelle-Zélande" ou "qualité Australie", comme si c`était forcément mieux fait qu`ailleurs.
Voyageurs. Tout est organisé pour les backpackers, dirait-on. A croire que c`est leur propre mode de vie. C`est encore plus visible en Nouvelle-Zélande. Les "porteurs de sacs à dos" trouvent à se loger partout pour pas cher dans ces sortes d`auberges de jeunesse. Dortoirs ou chambres. Enormément d`Allemands en NZ, beaucoup d`Anglais en Australie. Et de Français à Sydney. J`entendais parler français plusieurs fois par jour.
Lapérouse et Cook. Au XVIIIe siècle, si Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse ''était arrivé un peu plus tôt dans la baie de Sydney, il aurait devancé James Cook. Cela aurait évité au pays deux siècles de nourriture anglaise !", ironise Bill Bryson dans son livre amusant sur les voisins d`Australie : Down Under. Et l`influence française dans le monde serait sûrement plus importante aujourd'hui. Un quartier au sud de Sydney porte le nom de Lapérouse. En fait, ce dernier a surtout voulu égaler, en préparant son voyage, son prédécesseur anglais, qu`il admirait.
A l'instar de celui sur l'Amérique du sud que m'avait proposé ma cousine Coralie, voilà mon petit palmarès des îles du Pacifique où je suis allé.
Les paysages
Les tops
1 : Le lagon de Moorea, sauf quand il pleut. Dur de départager avec d'autres sites mais les couleurs, avec un bon petit plat de poissons crus sur la table...
2 : Uluru ou Ayers Rock. Au centre de l'Australie, cette montagne d'un brun qui vire presque au rouge quand le soleil est bas, au milieu de centaines de kjilomètres carrés de désert, c'est quand même impressionnant.
3 : Les glaciers de Nouvelle-Zélande. Etre dedans, c'est frais mais c'est beau. Les couleurs blanche, bleue, grise, le ciel bleu, les couleurs vives des vêtements des touristes...
Les flops
1 : Adelaide. Pas grand-chose à y faire. Ville assez tristoune. Kangaroo Island, pas très loin (quelques heures de route quand même), c'est sûrement pas mal mais j'y suis passé trop vote. Adelaide a même perdu son Grand-Prix de F1 au profit de Melbourne.
2 : Cairns. A cause de la flotte. Wet season, saison des pluies. La barrière de corail, en face, est belle et intéressante, surtout quand on est plongeur (ce qui n'est pas mon cas) et quand le soleil brille au-dessus, pour avoir plus de lumière dans l'eau. Mais je ne suis pas allé là au bon moment. Et quand ça tombe, ça y va !
3 : Moorea. Pour la même raison. J'ai eu de la pluie battante la moitié du temps. J'ai dû payer un peu moins cher qu'en saison sèche mais bon. Je me rappellerai la balade à scooter dans la baie de Cook ! Juste le temps de voir que ce doit être beau sous le soleil et hop !, le déluge.
L'aspect culturel
1 : Pâques. L'histoire de l'île, de ces habitants qui ont commencé à disparaître d'avoir surexploité leurs ressources... Et puis ces statues sur les côtes et dans le cratère du principal volcan.
2 : Les aborigènes. Connaître leur histoire, vieille de 40.000 ans (!), voir leur sort aujourd'hui, les regarder, cloachardisés (pas tous, mais beaucoup d'entre eux), dans la rue, sur leurs terres d'origine mais presque à l'étranger.
3 : Les glaciers de Nouvelle-Zélande. Savoir que bon nombre d'entre eux continuent à grossir, c'est surprenant, à notre époque. Surtout que c'est justement le réchauffement de la planète qui leur permet de se développer.
Les plats
Le top
L'assiette de carpaccio de thon rouge, avec un petit bol de poissons marinés (surtout du thon, d'ailleurs). Un peu le genre sashimi japonais. C'était face au lagon de Moorea, en Polynésie française.
Le flop
Allez, peut-être la queue de kangourou. Pas préparée idéalement, peu ragoûtante. Sûrement meilleure au restau !
Mention speciale
L'opera de Sydney, a toute heure, de differentes couleurs. Magique !
Bon, c'est un peu tard mais je ne l'ai vu qu'il y a quelques heures. Mon dernier article sur l'environnement est paru samedi dans le Télégramme. C'était sur les glaciers qui grossissent en Nouvelle-Zélande malgré le (grâce au !) réchauffement de la planète. Il fait plus chaud en Australie, l'eau s'évapore davantage et il neige plus sur les montagnes de Nouvelle-Zélande. Dans ces cas-là, on conclut toujours par un scientifico-journalistique : CQFD !
Les villes néo-zélandaises sont très propres, organisées de façon carrée, avec des rues parallèles ou perpendiculaires. On peut en dire autant d'ailleurs de l'Australie. Contrairement aux villes européennes qui se sont souvent organisées en rond, plus ou moins, autour d'une place forte au Moyen-Age, celles des antipodes, bien plus récentes puisque les Européens ne s'y sont installés réellement qu'à partir de la fin du XVIIIe siècle, semblent avoir été inventées pour la vie moderne : des rues assez larges pour la circulation des voitures, des espaces verts qui se résument presque à de grandes pelouses, des bâtiments qui paraissent tous neufs...
Presque trop clean
Dans les Andes, je me suis parfois demandé si quelque chose avait un jour été neuf dans les villes que j'ai traversées. C'était parfois poussiéreux voire sale. Je me souviens même m'être dit : "Vivement l'Argentine ou le Chili !" Ici, c'est à croire que rien ne sera jamais vieux. C'est calme, assez peu pollué, presque trop clean. Cela doit être un peu ennuyeux à la longue.
Auckland, la plus grosse cité, au nord-est de l'île nord (1,3 million d'habitants), compte un nombre incalculable de restaurants asiatiques dans sa rue principale, Queen Street. Les Japonais ne sont pas les derniers. C'est un peu pareil à Christchurch, sur l'île sud. Sushis à volonté. Je n'ai passé qu'une soirée à Wellington, avant de prendre le ferry. J'ai vu les larges rues du port vides, le soir et le matin. Morne plaine. D'ailleurs, mon auberge de jeunesse se situait rue Waterloo, à côté d'une autre auberge du même sinistre nom. Pas assez en tout cas pour juger cette ville.
Au sud, à Greymouth (4.000 habitants), tout est fermé à partir de 17 h ! Sauf les bijouteries... Queenstown, au bord d'un lac et entourée de montagnes, est plus jolie mais dans le même style architectural que le reste. Un peu plus de bois, peut-être.
Agréable mais sans âme
Bref, tout cela est bien sympa mais manque d'âme. Les monuments sont modernes, des formes géométriques colorées par exemple, et puis quelques églises en brique, façon british. Rien à voir avec Paris ou Rome ! Cela dit, sans doute vaut-il mieux n'avoir pas connu toutes ces guerres dont témoignent l'Arc de Triomphe ou plusieurs haut lieux parisiens ! Les Invalides : rien que le nom...
Hillary, Lomu, Crowe
Par ailleurs, on connaît peu de personnalités néo-zélandaises. Un ou deux rugbymen comme Jonah Lomu, le cinéaste Peter Jackson (la trilogie du Seigneur des Anneaux, tournée dans son pays) ou l'acteur Russell Crowe (né à Wellington mais qui possède aussi la nationalité australienne), que l'on a vu dans Gladiator, par exemple. Mais également (je le croyais anglais !) Sir Edmund Hillary, qui a vaincu l'Everest le 29 mai 1953. Mort le 11 janvier dernier, il a été enterré à Auckland le lendemain du jour où j'ai quitté cette ville. Je serais bien allé faire un tour. La presse locale a beaucoup parlé de ce héros national pendant des jours et des jours.
La flemme de nettoyer vos chaussures crottées, en Nouvelle-Zélande ou en Australie ? Si vous devez prendre l'avion, facile !!! Il suffit de répondre "yes" (ça veut dire quelque chose comme... "oui") à la question : "Avez-vous des chaussures sales dans vos bagages ?" Ils vous les lavent direct, paraît-il !
Impossible de passer d'un pays à l'autre avec des chaussures sales ou même des fruits, des légumes, etc. C'est aussi le cas (enfin, c'est interdit mais pas impossible) entre deux Etats au sein même de l'Australie, mais aussi en Argentine. Une façon de protéger les éco-systèmes. Ainsi, en sortant d'Argentine pour entrer au Chili, il y a un an et demi, Gwen, mon compagnon de voyage d'alors, et moi avons dû laisser à un douanier chilien les deux pommes qui nous restaient. Pas sûr du tout qu'il les ai jetées !
A Wanaka, petite ville tranquille au bord d'un lac, j'errais récemment entre les rayons d'un petit supermarché. Autour de moi, ça thethethethetait comme des Anglais... http://www.youtube.com/watch?v=pLS13iyghfI.
(Tiens, en passant : http://www.youtube.com/watch?v=yLrtkFJ-6-w&feature=related)
Je me demandais quels fruits, frais ou secs, quelles barres de céréales j'allais cette fois choisir de glisser dans mon sac pour la rando du lendemain au Mount Cook. Et si j'allais me faire des pâtes ce soir-là. Bref, la routine. Tiens, encore des produits (céréales, salades, biscuits, sodas...) au gingembre. Bof ! Mouais. Tiens, j'ai connu une Polonaise qui en prenait au petit déjeuner. Véridique !
Bref. Et puis j'entends une petite fille demander à sa maman, de grands yeux dans la voix : "allez, steuplééé..." "Non, ma chérie, on en a déjà acheté hier." Dans un français impeccable. Je suis la petite famille du regard et v'là ti pas qu'elle commence à reluquer les frometons !!! Et à tâter, en plus ! Ils croient quoi, les Kiwis ? Qu'ils vont m'avoir avec leurs cookies, leurs moutons et leurs chocolats fourrés à la confiture de kiwi ? Y connaissent pas Raoul ! http://www.youtube.com/watch?v=aVluQcL8KIA
"J'te chope le calendos..."
Allez, on se risque au bizarre ? http://www.youtube.com/watch?v=FZmVVszcW9k Nom de Dieu, j'te chope le calendos et hop !, direct au panier. Bon, qu'est-ce qu'ils ont d'autre de potable à grailler, ici ? Du bleu avec le même nom français ("Bouton d'or") que le camembert. Il y a du gruyère. Je cherche le comté mais faut quand même pas pousser pépère. Pas de comté. Bon, pas donné, tout ça. On va se contenter d'un petit, surtout pour un soir.
Allez, y a bien un rayon charcut' ! S'il y a un gros jambon à l'os qui pend, je suis capable de beugler comme Gabin : "Jaaammmbiiieeer... JJJAAAAMMMMMBBBIIIEEERRR !" http://www.youtube.com/watch?v=UVU063MtyG4 Perdu. Un "Breton maison pâté", fabriqué à Auckland ! Panier. J'ai vu de la rosette quelque part, il y a quelques jours mais là, c'est tranches de sifflard italien, allemand, hongrois, danois, luxembourgeois ou je sais plus quoi. Va pour le rital. Y nous emmerdemt au foot mais enfin bon, au moins, ils savent faire à bouffer !
Bon, retour au rayon des pains. A côté des sandwiches prébeurrés dans leur célophane, deux baguettes se battent en duel. Enfin, c'est beaucoup dire. Tellement qu'elles sont molles qu'elles sont pliées en deux. C'est à se tordre de rire ! Tant pis, je prends deux petits pains ronds, genre pains de mie, qui feront l'affaire. Ne nous plaignons pas, c'est déjà pas mal, en pays hostile.
Il faut qu'ça pue !
Bon, une (demi-)bouteille de pif, maintenant. Riesling ? Gewurtztraminer ? Oui mais ils sont d'ici... Bon, ils font du rouge, dans le coin. Voilà. Alors...Pas ça... Non plus... Mais c'est pas vrai ! J'vais finir par en trouver un de 2008 ! ... Ah ! 2003. Adjugé.
Retour à l'auberge de jeunesse. On étale tout ça sur la table. Un Hongrois passe et me demande de quel pays je suis. Pardon ??? Ah oui. L'étiquette du saucisson, ça brouille un peu les pistes. J'la joue comment ? "Touche pas au grizby ?" Non. "Vous en voulez ?" Seul le camembert le tentera. Allez, un bon bougre finalement. On cause.
C'est pas le tout, faut ouvrir tout ça, maintenant. On va pas s'laisser abattre. Je sors le couteau suisse (pas loin de chez nous, alors bon). Et il faut qu'ça pue, maintenant ! Faut que le fromage me pâte entre les dents. Et que le pâté sente la nature. Que le pif soit pas du vinaigre. Faut que ça frotte le palais avant d'rincer l'gosiot.
L'heure du cream
Goûtons voir... Le camembert... Double cream, double cream, pas bien coulant quand même ! Mais plutôt bon, il faut reconnaître. Le pâté ? Pas mal, des herbes dedans. Plutôt de la mousse de foie. Le sifflard ? Il sent pas trop le plastique, ça va, pas trop gras non plus. Pas mal non plus. Le pinard ? Dans l'hémisphère sud, il est souvent fort. 13 ou 14 degrés. 13,5 celui-là. Voyons... Ah ! Y a du raisin... Y en a... C'est du brutal.
Bon, la France me manque assez rarement, mais des fois, si. Et ça fait du bien, alors, de la nourriture de l'hexagone et des chansons bien de chez nous, avec des mots qu'on aurait envie de croquer. Tiens, une parmi d'autres, la meilleure sur Paris : http://www.youtube.com/watch?v=cKX83VWkxRI ("A la Villette on tranche le lard", "Les boulangers font des bâtards"). Outre quelques Français, j'ai rencontré depuis le début de mon voyage, des locaux ou des voyageurs européens, voire sur ce blog, qui m'ont dit aimer la France, sa langue, sa cuisine, son cinéma ou ses chansons...
Merci donc ici à, par ordre d'apparition : Dana, Pavlina et Jana, Tchèques en Equateur; Sonja, Allemande à Salta (Argentine); Georgina, Slovéno-argentine de Buenos Aires; Jorge et ses parents Alejandro et Carmen, amateurs de Piaf et Depardieu; David, Anglais à Tahiti; Tanja et Anouk, Suisses en Nouvelle-Zélande et Anto, d'Italie, ici même. Les autres ne peuvent sans doute pas comprendre. J'aurais presque envie de les plaindre mais enfin, puisqu'ils n'ont pas l'air de s'en porter plus mal...
Voir aussi la photo
Habituellement, l'écart de prix est important. Mais en Nouvelle-Zélande, il peut être intéressant de louer une voiture, car les bus sont assez chers. J'ai d'ailleurs préféré deux fois faire du stop, pour aller passer une journée sur un site sympa; pas mal de voyageurs font cela, dans ce pays, et on rencontre des gens très différents les uns des autres, souvent des locaux.
Dès lors que l'on est deux, la location est souvent plus rentable, mais parfois, on cherche surtout à aller dans des endroits où le bus ne va pas. Si on loue une semaine, le tarif peut descendre jusqu'à 25 dollars par jour, il me semble, soit 13 euros ! Selon les compagnies, et avec un kilométrage limité à 100, si je me souviens bien. Bon, il faut toujours ajouter l'essence, mais elle est sensiblement moins chère qu'en France.
Rouler à gauche et boîte automatique
J'ai loué une voiture pour deux jours. Une Nissan je crois. Ce n'était pas le plus petit modèle qui existe, c'était pas mal. Il m'a fallu d'emblée m'habituer à deux nouveautés totales pour moi : rouler à gauche ("keep left !", m'a dit le loueur, deux fois, en souriant) et la boîte de vitesses automatique.
J'ai fait quelques kilomètres en ville à Wanaka pour m'habituer. Après un stop, en tournant à gauche, j'ai commencé à me trouver sur la chaussée de droite. Je m'en suis aperçu de suite et j'ai rectifié. Le volant est à droite, naturellement, le rétro extérieur aussi, celui de l'intérieur à gauche, la boîte de vitesses également... Bon...
Ensuite, la pédale d'embrayage n'existe pas. C'est un frein assez costaud et j'ai pilé quatre ou cinq fois avant de m'y faire. On ne peut pas caler avec ces voitures et les vitesses passent toutes seules, bien sûr : pas besoin d'embrayer. C'est finalement plus simple mais il faut s'habituer...
Quand l'écran s'allume, je tape sur mon clavier. Message électrique et je revis les chansons qui ont accompagné et coloré mon retour de balade vers le mont Tasman, son lac et son glacier, près du mont Cook, ici au centre de l'île sud de la Nouvelle-Zélande, toute la journée ou presque. Quelques heures de marche dont une partie avec le lecteur MP3. Certaines chansons ont, en outre, le bon goût de me faire penser à des amis. Une paire de randonneurs toutes les heures, un minibus ou deux, a moitié vide, et la vallée presque seule pour moi.
Alors je me suis laissé aller à beugler quelques paroles. "Oooooooooooooooh stididop stididop stididop oiohooooo... La femme de Shanghaï, le peuple masaï..." http://www.youtube.com/watch?v=iWedgRpj8QY
Je vous laisse imaginer la scène ! ça ne vous est jamais arrivé, ce genre de truc ? Racontez...
Bashung, Daho, Goldman. Long is the road et je marche seul. Puis je me prends à imaginer une guitare entre les mains. Je me mordille la lèvre inférieure et laisse mon nez miauler la gratte de Mark Knopfler sur Brothers in Arms, en public : http://www.youtube.com/watch?v=8M9U1OU0MzU. Prêt à me peter une corde (vocale), transporté par les solos échevelés qui feraient crépiter les crêtes de l'équaliseur d'une chaîne hi-fi, comment défilent les crêtes au-dessus de mon chapeau.
"Unchain my Heart" enchaîne l'ours mal léché que j'ai vu à Carhaix puis à Binic, ces dernières années, et que j'aurais pu voir à Christchurch il y a dix jours (*). Cocker, drôle de nom pour un ours. C'est tout juste si, pour soulager mes orteils endoloris, je ne me dresse pas aussi sur la plante des pieds, devenant à mon tour un plantigrade. Allez, bras un brin en arrière, doigts qui se tortillent, une barbe à peine naissante, qui encadre un masque de douleur, je braille. Un lièvre détale sur le bas côté : il n'y a pas d'ours chez les kiwis. http://www.youtube.com/watch?v=Wr-XlnZalWQ. Je croise un jeune couple d'Allemands déjà vu la veille au coucher du soleil, devant le mont Cook. Lui, cheveux roux et presque ras mais une barbiche de 25 cm, genre ZZ Top ! Que je n'ai pas en magasin...
Johnny arrive et toute la musique qu'il aime, qui vient de là, qui vient du blues. Et puis ça : http://www.youtube.com/watch?v=SNMI-o8zULo. Là, il arrache quand même et mine de rien, ça fait du bien des chansons comme ça ! Lavilliers, Manu Chao et puis du bon pop rock. Une reprise de Robert Palmer par Placebo, par exemple, http://www.youtube.com/watch?v=tLOF2T20O8E&feature=related. Chant nasillard façon Bryan Molko. Les Red Hot, qui déchirent aussi, ou plus tranquilles parfois : http://www.youtube.com/watch?v=nX2qlTn6t24;
Sting, comme quand j'errais dans les rues de Christchurch ("I'm a frenchman in Christchurch"). Et surtout, pas comme souvent à la radio, on laisse le saxo à la fin ! Que j'ai envie de singer. Mais du monde approche. http://www.youtube.com/watch?v=doYNBHE8Yes. "Be yourself, no matter what they say..."
Love generation http://www.youtube.com/watch?v=-iXahMekSBA et Daft Punk http://www.youtube.com/watch?v=oXC70kVNcsY (ah ! Le clip genre Albator !) pour la techno française. Voilà qui donne envie de se trémousser mais bon, en marchant...
Et puis, plus récemment sur mon lecteur, Sade. Smooth Operator ou le classieux et langoureux Is It A Crime ?, saxo encore. http://www.youtube.com/watch?v=LljZcD07URI.
Enfin, dédié à toutes les (sages) Marylou qui fréquentent ce blog... http://www.youtube.com/watch?v=5wMLOPm2WwM Goodbye !
PS : Merci à mon petit frère préféré, Micka (http://www.youtube.com/watch?v=Be6jlCuMvVQ) qui m'a apporté en Amérique du sud ce que je n'avais pas eu le temps de préparer avant mon départ. J'étais parti avec un lecteur MP3 vide. Il déborde largement sur une clé USB. Et il m'en envoie encore, à ma demande, par mail. Notez que le mot "préféré" ne mange pas de pain (c'est mon seul frère) et puis il a encore des choses à m'envoyer... :-)))
(*) Deux jours plus tard, il y avait Jon Bon Jovi : tous les hébergements abordables eétaient pris dans la ville ! Pour une fois, j'avais réservé, j'ai bien fait. Par ailleurs, quand j'étais à Auckland, mais aussi à Buenos Aires, The Police se produisait là. Bon, si je les recroise, j'irai peut-être les voir.
Que ce soit d'un point de vue géographique ou temporel, je n'ai jamais été si loin de la France métropolitaine. On peut difficilement être plus loin : la Nouvelle-Zélande est quasiment aux antipodes. Je suis arrivé ce vendredi après-midi (la nuit dernière pour vous, 12 h de décalage) à Wanaka, beau coin juste au nord de Queenstown, au sud de la Nouvelle-Zélande. Je vais y faire de belles balades ce week-end, voir les monts Cook et Tasman, par exemple. De l'autre côté, par rapport aux jours derniers, et sans doute plus dégagés à la vue.
Pour la première fois depuis deux semaines, je vais dormir seul (je veux dire seul dans une chambre inidviduelle). Bon, ça coûte nettement plus cher mais des fois, ça fait du bien aussi. Je ferai une note sur mon mode de vie et d'hébergement, bientôt.
La moitié du voyage !
J'ai l'impression d'avoir fait plus de la moitié du voyage alors que ces jours-ci (je n'ai pas compté précisément quel jour), j'arrive juste au milieu. Parce qu'au nombre de pays, j'ai fait plus de la moitié ? Parce qu'en Amérique du Sud, je savais tout ce que je voulais faire et que j'avais donc en tête un programme plus chargé que pour la suite ? Je ne sais pas.
Je vais en tout cas progressivement changer mon mode de voyage. J'ai commencé en allongeant mon séjour en Nouvelle-Zélande et en Australie, c'était trop court. Peut-être vais-je sauter une des étapes chinoises, par exemple. Je vais essayer de passer plus de temps dans les endroits qui me plaisent. Ou bien ne pas trop dépendre des conditions météo.
Réflexions
Ces jours-ci, j'étais aux glaciers. Magnifique marche sur le Fox, mais pour le spectacle et les photos du reflet des montagnes dans un lac situé à six bons kilomètres du village, qui offre une belle réflexion, il faut que le ciel soit de la partie, tard le soir et/ou tot le matin. Or, il l'était seulement le jour de ma balade sur la glace et j'étais un peu fatigué, j'ai donc préféré ajourmer mes photos de coucher et de lever du soleil. Pour aller me coucher et ne pas me lever trop tôt. Mais le lendemain soir (hier soir), nuages. Et quand j'y étais allé, à ce lac, le premier jour, il y avait des nuages sur les sommets. Tant pis, mais cela nourrit ma... réflexion.
Tant de beaux pays en la moitié d'un...
En attendant, je vais profiter de ces beaux paysages. Un pays qui réunit sur une surface assez petite (notamment sur sa partie sud) des morceaux de Patagonie, de Norvège, d'Alpes (ça s'appelle d'ailleurs Alps,ici), d'Ecosse, notamment, ne peut pas être foncièrement laid. Tiens, cet après-midi, le minibus a pris le temps de s'arrêter cinq bonnes minutes le long de la route, le long de la mer de Tasmanie. Il pleuvait un peu mais on pouvait voir, assez près, de petits dauphins presque noirs sauter d'un mètre au-dessus des flots. Joli !
Je ferai aussi une petite série de notes sur des anecdotes de bus. Bref, j'en ai encore à vous raconter !